14 Février 2024

Fin de l’intégration de MicroCarb : le satellite est prêt

2024 s’ouvre avec la finalisation de l’intégration complète du satellite MicroCarb. Réalisée en Angleterre par Thales Alenia Space sous la conduite du CNES, cette étape signe la fin de la préparation du satellite avant la campagne de lancement.
Illustration du satellite MicroCarb en orbite, ©CNES / oliver Sattler, 2021
Illustration du satellite MicroCarb en orbite - Crédits : CNES / Oliver Sattler, 2021.

L'AIT, acronyme pour Assemblage, Intégration et Tests, est l'une des dernières étapes dans la vie d’un satellite avant son lancement. L’objectif est d’assurer l‘assemblage et la validation de tous les composants. A l’issue de cette phase, si l’ensemble des tests se sont déroulés nominalement, le satellite est considéré comme qualifié et « apte au vol ».

Pour Elodie Cansot, responsable instrument au CNES : « L’AIT est une phase passionnante dans un projet. Elle permet de valider le bon fonctionnement du satellite et la performance de l’instrument avant le lancement. Malgré tout le travail de préparation, nous rencontrons toujours des aléas que l’on arrive à surmonter grâce à l’expertise de chacun et à l’esprit d’équipe. C’est une période intense et stressante dans un projet, mais également riche humainement et techniquement ».

L’AIT du microsatellite MicroCarb a été réalisée par Thales Alenia Space (TAS-UK) au Royaume-Uni. La France a fourni l’instrument développé par Airbus Defence and Space le 7 décembre 2022 à TAS-UK. A la suite de cette livraison, l’assemblage et l’intégration sur la plateforme se sont rapidement enchainés début 2023 sur le site du Rutherford Appleton Laboratory à Harwell près d’Oxorfd, avant de conduire tous les essais demandés par les ingénieurs français et mise en œuvre par leurs homologues anglais. Dans l’ordre : les essais mécaniques, compatibilité électromagnétique, interface lanceur, vide thermique et enfin propulsion.

Pour Emmanuelle Vergnault, responsable AIT au CNES : « La fin de l’AIT satellite en Angleterre est une grande étape et la concrétisation de plusieurs années de préparation et de travail. Pour les équipes TAS UK, cela signifie le départ du satellite, pour les équipes CNES la fin des allers-retours en Angleterre (et du « fish and chips » !) et une période d’attente pour toutes les équipes qui participent de près ou de loin à l’AIT dans la perspective de la campagne de lancement. Cette phase exigeante s’est déroulée sans incident majeur et son succès est dû au professionnalisme de toute l’équipe et, sans aucun doute, à l’excellente coopération franco-anglaise.
La journée du départ du satellite MicroCarb a été intense :  UKSA était présent pour cet évènement, c’était très émouvant de devoir quitter les équipes et le site où tout a démarré en septembre 2017 par la signature du contrat. Le transport, organisé par le CNES et effectué en camion et en voiture suiveuse entre l’Angleterre et Toulouse via le tunnel sous la manche a duré 35h avec beaucoup d’aléas mais une équipe TAS-CNES toujours mobilisée. Le satellite est, depuis le 2 février, stocké en salle blanche chez Thales Alenia Space à Toulouse. »

« L’AIT est l’aboutissement du travail des équipes de développement, qui voient le satellite prendre forme au fur et à mesure de l’intégration mécanique, électrique et fonctionnelle des équipements, mais aussi la réalisation d’essais des plus simples aux plus complexes dans le cas de la vérification des performances dans des environnements représentatifs du vol, en réponse aux demandes d’essais qu’ils ont patiemment élaborées. Pour la mener à bien, elle nécessite l’implication de nombreux acteurs (des équipes de conception, AIT et moyens d’essai) » explique Gaël Parot, responsable validation au CNES.

 

Photo d’équipe devant la plateforme MicroCarb lors de l’AIT
Photo d’équipe devant la plateforme MicroCarb lors de l’AIT (de droite à gauche :  Rémi GUILLO, architecte avionique au CNES, Jean-Michel TRAVERT, architecte commande-contrôle chez ALTRAN pour le compte du CNES, David PROST-BOUCLE, architecte électrique chez ALTEN pour le compte du CNES, Gaël PAROT, responsable validation au CNES et Emilie LIMASSET, responsable satellite au CNES)  - Crédits :  CNES, 2024

  

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Emilie Limasset, responsable satellite au CNES, devant la plateforme du satellite lors des essais EMC conduits (Electro Compatibilité Magnétique) menés en septembre 2022 - Crédits : CNES, 2022.

  

Le satellite ainsi que son centre de contrôle et son centre de mission sont désormais prêts au lancement. En attendant un créneau avec le lanceur Vega-C, le microsatellite dédié à la cartographie des sources et puits de CO₂ à l’échelle planétaire est stocké à Toulouse. Des tests seront régulièrement effectués sur le satellite pour s’assurer de sa bonne santé.

Mesurer les émissions et absorptions du CO2

À l'heure où le dérèglement climatique est devenu une préoccupation majeure, l'objectif de MicroCarb est de recenser, à l'échelle planétaire, les sources d’émissions et puits d’absorptions du principal gaz à effet de serre : le CO2. À ce jour, il est en effet difficile d'en mesurer les quantités absorbées ou émises dans certaines régions par manque de mesures in situ. Ces données sont pourtant essentielles afin d'étudier au plus près les origines et les conséquences du dérèglement climatique.

MicroCarb est une mission développée par le CNES avec le soutien du programme d’investissement d’avenir (PIA) et la participation de l’Agence spatiale du Royaume-Uni (UKSA). Le CNES est maître d’œuvre du satellite et responsable des performances de la mission en fournissant la charge utile et la plateforme issue de la filière Myriade. Il fournit le segment sol pour le contrôle de l’instrument et le traitement des données, il est en charge des opérations et de l’exploitation du système. Le CNES est aussi responsable des interfaces avec le lanceur.

UKSA finance une partie de l’instrument ainsi que l’intégration du satellite à Harwell chez Thales Alenia Space et participe à la mission scientifique.

MicroCarb embarque un spectromètre infrarouge passif reposant sur un réseau à échelle, développé par Airbus Defence and Space à Toulouse.